Post-Eire - Tendre malentendu
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Mercredi 10 Mai

categories Tendre malentendu [19h49] Tendre malentendu

/images/robe.pngVirginie ouvre un ?il. Elle met quelques secondes raliser qu'il est Dimanche, et que non elle n'ira pas travailler aujourd'hui.

Ses volets ne sont jamais ferms, elle adore tre doucement rveille par la lumire du jour. Il lui suffit de tourner la tte pour s'apercevoir que, comme prvu, le temps est maussade aujourd'hui. Mais ceci ne viendra pas perturber ses plans, non, elle se lve et se prpare un th bien chaud pour se donner du courage.

Un peu plus d'une heure plus tard, aprs une douche et une longue hsitation devant sa garde robe afin de trouver la tenue offrant le meilleur rapport mto/jolie/envie, Virginie est dehors. La temprature est agrable, et elle ne regrette pas d'avoir finalement opt pour cette jolie robe rouge...

Elle arrive enfin au muse. Des semaines qu'elle voulait voir cette exposition temporaire, elle est presque fire d'elle d'avoir pu trouver le temps d'y aller.

Au hasard d'une salle, elle croise un couple, et constate vexe que la fille porte une robe identique la sienne. Elle regrette d'avoir pass autant de temps pour si peu d'originalit.

Elle observe discrtement le couple avec jalousie. Lui a l'air si attentionn, ils discutent sur les ?uvres, changent leur point de vue, leur complicit ne fait aucun doute, alors qu'elle, elle est toute seule dans ce muse, sans personne pour l'accompagner. Tout en soupirant face cette injustice, elle s'clipse dans la salle suivante, essayant de balayer ces ides noires en se concentrant sur l'exposition.

Elle tait en passe de russir ce transfert lors, soudain, un bras vint glisser le long de sa taille. Elle ne sut pourquoi, mais elle comprit tout de suite ce qu'il se passait. Elle ferma les yeux. Deux mains se posaient maintenant sur ses hanches. La nonchalance de ce contact la fit frissonner de plaisir car il y avait dans ces gestes quelque chose de tendre et de machinal qui ne peut se construire qu'aprs de longues annes de vie commune. Les mains venaient maintenant de se rejoindre sur son ventre lorsqu'elle sentit la chaleur de tout un corps se rapprocher d'elle. Puis vint ce baiser, vrai dire incomplet, juste un dbut d'esquisse de baiser sur le sommet de son crne, la racine de ses cheveux, mais qui lui parcouru l'chine.

Tout c'tait pass trs vite, une seconde tout au plus, mais juste au moment de l'accomplissement de ce baiser, le corps derrire elle sursauta. Elle ressentit le relchement brusque de l'treinte comme un dchirement.

- "Excusez-moi, je suis dsol", balbutia le jeune homme troubl.

- "Ce n'est rien", lui rpondit Virginie, sans doute avec un sourire niais.

Il partit gn rejoindre la relle destinatrice de cet acte de tendresse dans la salle d' cot.

Virginie resta un moment l, sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire, et dans l?impossibilit de se concentrer prsent sur ce qu?elle tait en train de lire. Elle se dirigea donc vers la sortie, en se sentant si stupide d'tre ce point perturbe par un acte anodin.

En partant elle recroisa le couple. L'homme lui adressa un regard discret et embarrass. Elle rentra chez elle, se jeta sur le canap, et sans trop savoir pourquoi, se mit pleurer.

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