Post-Eire - Rituel quotidien.
Blog
 interview   brevets logiciels   travail   self control   amphi   mon blog   cinéma   famille   #echoes   Blogs Lyonnais   Irlande   foot   Madrid   humour   Red Box   Île de la réunion   couple   liberté   moment de vie   femmes   scolarité   bonheur   photos   ambition   Le Mouv'   monotonie   grève   post-synchro   rupture   tristesse   soirée   politique   Paris   amour   coeur d'expatriation   fin de vie étudiante   The Darkness   Matrix   vacances   optimisme   parfum   8 décembre   fin d'expatriation   influence   Prague   enseignant   rapports humains   souvenirs   rugby   télévision   alcool   sida   voyage   sexe   geek   Erasmus   bush    exs   nostalgie   blogosphère   retour d'expatriation   loose   romance de vie   langue anglaise   paroles   séduction   passeport   préparation d'expatriation   dos   musique   stage   St Patrick   europe   constitution européenne   Médias   écriture   Noël   Dublin   personnage   Irak   calendar   cadeaux   anniversaire   célibat   Lyon   Freebox   futur   bus   mal du pays 
<< suivants

Mardi 19 Avril

categories Rituel quotidien. [22h27] Rituel quotidien.

/images/keys.jpgQuelques dizaines de mètres avant d'arriver, je sors déjà mes clefs, comme si cet acte allait me rapprocher un peu plus rapidement de ma destination. Lourde porte vitrée, boîte aux lettres, ascenseur, palier, porte d'entrée.

L'odeur habituelle et rassurante de l'appartement m'envahit. Je déverse porte-feuille, papiers et petite monnaie sur la table du salon. Elle est là, tassée sur le canapé, genoux repliés, serrés contre sa poitrine, soufflant sur sa tasse de thé bien calée entre ses mains, comme si ce recipient avait été modelé pour occuper exactement l'espace restant entre son menton et ses cuisses. Le fait qu'elle soit toujours en robe de chambre alors qu'il est 19 heures passé, m'indique clairement qu'elle ne se doute même pas de la température extérieure.

Son regard est fixé sur la télé, pas même une pupille dans ma direction, c'est desormais évident. Elle fait la gueule.

Sans grande conviction, je passe alors rapidement en revue les éléments en ma possession afin de trouver l'objet du délit. En vain, naturellement.

J'ose alors une approche et m'avance alors, faussant le naturel :

- Bonsoir !

- Bonsoir ...

Ok, la messe est dite, il y a un abcès à vider ce soir.

- Ca va ?

- Ca va ...

Bon. Le signal est clair. Feinter l'ignorance maintenant serait jubilatoire pour l'orgueil mais inutile dans l'objectif de sauver la soirée. Il s'avère cependant que je n'ai jamais aimé joué à ce jeu très féminin du "Je-fais-la-gueule, -si-tu-sais-pas-pourquoi-t'as-qu'à-chercher, -parce-que-pour-moi-c'est-évident, -mais-j'ai-pas-envie-de-te-le-dire".

Je dresse tout d'abord le tableau de sa journée. Seule dans l'appartement à réviser, il semble évident qu'elle a mariné un truc pas net. Tout juste si elle ne m'en a pas voulu pour le simple fait que je sois sorti alors qu'elle restait à la maison. Comme si passer 8 heures de ma journée devant un écran à tenter de maîtriser un client en ébulition me réjouïssait. Il semble pourtant clair que n'importe quel pretexte a dû faire l'affaire aujourd'hui : Promesse de coup de fil non tenue, cafetière pas nettoyée ce matin, lunette des WC non rabattue ou simplement une de mes phrases de la veille sortie du contexte et remodelée afin de la transformer en motif valable.

J'abandonne avant même d'avoir commencé et tente lâchement une approche crapuleuse de rafale de chatouilles. Echec total, griffure, et pire un "Arrêtes, tu me fais mal !" on ne peut plus clair.

S'en suit alors une bonne demie heure de gentillesses et courbettes en tout genre tentant ainsi de me rattraper d'une faute que j'ignore. Travail de fond ayant comme résultat un sourire à demi-effacé, mais un sourire quand même.

Je m'enfonce alors dans la brèche en brodant quelques ragots du boulot et du voisinage, appuyant ainsi sur le point faible du commérage qui s'avére très efficace.

Après quelques rires de moins en moins esquissés, je tente la touche de tendresse en reposant ma tête sur ses jambes maintenant détendues. Mais elle me repousse, se relève brusquement, se tint entre la télé et moi, immobile, me fixant droit dans les yeux avec ce regard de chipie qui ne s'est pas assez défoulée aujourd'hui. Elle sourit, fait mine de partir et au dernier moment, relève sa robe de chambre, dévoilant ainsi l'espace d'une seconde, une paire de fesses nues, puis court vers la chambre en riant...

----

Ce soir, rien de tout ça. Je rentre dans un appartement vide, personne pour m'attendre, et tous les objets que j'avais disposés ça et là dans l'espoir de les voir se ranger tout seul pendant mon absence sont restés désespérement immobiles.

Aucune surprise, aucun signe, juste quelques lignes pour tenter de décrire ce qu'une soirée idéale peut avoir de banal lorsqu'on la vit au présent...




[20/04 11h35] GG :

juste quelques lignes pour dire qu'une soirée banale peut être idéale quand on la vit au présent...

se détacher de la nostalgie et ne pas vivre dans l'attente du futur : vivre dans l'instant. Demain, tu peut être mort (et c'est ça qui est excitant).


[22/04 13h44] Fg :

Il fait mal ton post.


[26/04 23h52] anonyme :

L'image symbolisant cette relation ne serait-elle pas celle-là ?

-> http://lenjeu.net/pp/index.php?showimage=40


[16/07 18h32] mifeemisorciere :

Comme j'aimerais avoir un homme qui comprennes les femmes , et se casse la tête comme cela , sachant que ce qui te manques la , au quotidiens , les mecs en font l'impasse, et se disent bien souvent " putain elle fait chier cette chieuse elle a toujours quelque chose..." sans essayer de comprendre plus... que des fois il suffit d'un geste d'insister un peu , pour comprendre qu'on avait juste besoin d'attention apres cette journee loin de l'autre...


Pseudo :
Email : (N'apparaitra pas sur le site)
Web :http:// 
Commentaire :
CAPTCHA Image
 = (en lettres, sans espaces, mais avec tiret -)
Se souvenir de moi :
précédents >>
Valid HTML 4.01!
Valid CSS!
10612 pages vues sur ce post.
Page générée en 0.449 s s - 13 requêtes SQL (0.314 s).
Powered by Kitof's PhpBlogLib v0.3.1